Mars 2024 – L’édito de Martine Joste

 
 
En cette année 2024 qui voit célébrer le centenaire de la naissance du compositeur Claude BALLIF ainsi que le vingtième anniversaire de sa disparition, il est impératif pour nous de nous associer à cet Hommage.
 
Claude Ballif a en effet été le compositeur, le musicien et l’homme certainement le plus proche d’Ivan Wyschnegradsky durant les dix dernières années de sa vie (de 1969 à 1979), pendant lesquelles ils se sont assidûment fréquentés.
 
En témoigne en particulier, l’aide que Claude Ballif lui a apporté en triant, classant, réécrivant les notes manuscrites du compositeur afin de publier l’article intitulé « L’ultrachromatisme et les espaces non-octaviants » dans le n° 290-291 de la Revue Musicale, publié en 1972 sous sa direction et consacré à Nicolas Obouhov et Ivan Wyschnegradsky.
 
Dans le livre d’Entretiens de Claude Ballif avec Alain Galliari, un chapitre entier est consacré à Ivan Wyschnegradsky (Editions Promusica publié en 1992). Nous en extrayons une simple phrase : « Rarement, dans ma vie, j’ai pu converser de compositeur à compositeur comme je l’ai fait avec lui »…
 
Parmi la somme des Ecrits de Claude Ballif, réunis en deux importants volumes par les membres de l’Association Claude Ballif en 2015 et publiés aux Editions Hermann, trois articles sont consacrés à Ivan Wyschnegradsky. Le premier est une Biographie, le second, intitulé « Harmonies du soir » a figuré en tête de notre 1er Cahier Ivan Wyschnegradsky, que nous avons réalisé en 1985. Le troisième, « Ivan Wyschnegradsky et les espaces non octaviants » a été écrit par Claude Ballif en 1976 pour une conférence couplée à un concert du Festival Archipel à Genève où nous participions.
 

Claude Ballif chez lui, au piano d'Ivan Wyschnegradsky. Photo Michèle Tosi.

Claude Ballif chez lui, au piano d’Ivan Wyschnegradsky. Photo Michèle Tosi.


 
Ivan Wyschnegradsky était bien conscient de l’attitude exceptionnelle de Claude Ballif envers lui, de son dévouement et sa fidélité, car il lui avait légué son grand piano à 3 claviers en ¼ de ton, son harmonium et sa clarinette, également tous deux en ¼ de ton. Ces instruments, après avoir longtemps séjourné chez Claude Ballif, sont devenus propriété de la Fondation Paul-Sacher à Bâle.
 
Les manifestations organisées cette année autour de l’œuvre de Claude Ballif sont à consulter sur le site claudeballif.com.
 
Claude Ballif a fondé avec nous l’Association Ivan Wyschnegradsky en 1983 et fut son Président jusqu’en 2002. Son engagement, sa probité nous ont toujours accompagnés et restent présents pour nous dans toutes nos actions et nos choix.
 
 
 

Janvier 2024 – L’édito de Dominique Ciot

 
 
A propos de l’Assemblée Générale de l’Association…
 
L’Assemblée Générale annuelle de l’Association Ivan Wyschnegradsky s’est tenue le 25 novembre 2023.
 
Elle a été précédée du Conseil d’administration lequel, suite à la démission regrettable de la Présidente Marie Chartus-Vicheney, a validé la proposition de Martine Joste d’assurer l’intérim de la Présidence jusqu’à la prochaine Assemblée générale.
 
Contrairement à certaines années, peu de concerts autour de l’œuvre de Wyschnegradsky ont été organisés en 2022 et 2023 sur le territoire français. Un concert prévu à La Marbrerie à Montreuil ayant été annulé en raison de la pandémie, seule une interprétation du Prélude op. 38 par le pianiste Pierre-Alexandre Hurpeau, à la Médiathèque du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris a pu avoir lieu le 13 avril 2023 dans le cadre du concert-Hommage à Solange Ancona.
 
Par contre, et c’est une grande satisfaction, la musique de Wyschnegradsky est de plus en plus jouée en Suisse, en Allemagne, en Italie, aux États-Unis et en Russie. Des membres de l’Association (Daniele Buccio, Marc Cantais, Nathalie Forget, Martine Joste) ont participé à plusieurs de ces évènements.
 
Daniele Buccio détaille dans le précédent édito l’objet de son travail et le sens de ses recherches sur La Journée de l’Existence, qu’il a présentée dans la version piano/récitant-e lors d’un concert au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou en septembre 2003.
 
Autre signe de l’intérêt suscité par les œuvres d’Ivan Wyschnegradsky, les nombreuses demandes de documents et partitions en provenance des Etats-Unis, d’Angleterre, d’Italie, d’Australie, de France et de Russie.
 
Pour l’année 2024, des projets sont à l’étude avec – des enregistrements (2ème Quatuor à cordes en ¼ de ton op. 18 par la Camerata de Bern, Pièces pour piano solo par Martine Joste) – la publication aux Editions musicales Lemoine/Jobert du Trio à cordes op. 53 – la publication aux Editions Symétrie d’une biographie d’Ivan Wyschnegradsky par Pascale Criton – une vidéo sur la Méditation sur deux thèmes de La Journée de l’Existence op. 7 par Katharina Gohl-Moser et Anton Kernjak – des concerts en Suisse et en Allemagne par la Camerata de Bern, ainsi qu’en Russie par le pianiste et musicologue Daniele Buccio.
 
Côté financier, les dépenses relèvent du fonctionnement habituel d’une Association et le compte de résultats 2022 est satisfaisant, l’Association vivant en grande partie grâce au nombre de cotisations. A signaler tout particulièrement, un don extrêmement généreux de Sabine et Dagobert Koïtka de Bâle, que nous avons reçu fin 2023. Nous leur adressons nos plus chaleureux remerciements.
 
L’ensemble du Bureau et du Conseil d’Administration de l’Association Ivan Wyschnegradsky vous présentent tous leurs vœux de Très Bonne Année Musicale.
 
 
 

Novembre 2023 – L’édito de Daniele Buccio

 
 

 
Le 29 septembre 2023 a eu lieu dans la Salle Miaskovsky du Conservatoire Tchaïkovsky de Moscou un événement musical qui s’est conclu par la première audition publique de la version pour récitant et piano de La journée de l’existence d’Ivan Wyschnegradsky.
 
Le concert a été organisé par le professeur Anton Rovner et par la professeure Irina Skvorzova dans le cadre du cycle «Встречи в музыкальной гостиной. Русские модернисты начала ХХ века» (“Rencontres au salon de musique. Les modernistes russes du début du XXème siècle”). Les organisateurs de la manifestation ont donné suite à la proposition de réunir dans un même événement l’exécution de la Journée avec celle du poème symphonique Sisyphe (1915-1917) d’Igor Sergeevitch Miklachevsky (1894-1942), œuvre dont Wyschnegradsky gardait un souvenir impérissable. Les auditeurs ont pu ainsi saisir les relations programmatiques et les références structurelles, tant dans les formes respectives que dans plusieurs détails harmoniques et mélodiques, de ces deux œuvres. La version de Sisyphe pour piano quatre mains, interprétée pour cette occasion dans une adaptation pour deux pianos, a été précédée par l’exécution des huit dernières compositions pour piano solo de Miklachevsky, composées dans les années 1920. Le programme prévoyait également l’audition des Trois pièces pour piano opus 38 de Wyschnegradsky, celles-ci finalement omises en raison de la durée du concert, et d’œuvres pour cordes d’Alexandre Mossolov et de Sergueï Protopopov.
 
Lorsqu’il a quitté la Russie pour venir à Paris au début des années 1920, Ivan Wyschnegradsky a emporté avec lui les deux brèves compositions pour piano que Miklachevsky lui avait confiées. Elles résonnèrent publiquement pour la première fois dans l’interprétation de Martine Joste au cours d’un des concerts qui furent consacrés à Wyschnegradsky en marge de la création de la Journée de l’Existence le 21 janvier 1978 au Grand Auditorium de Radio-France à Paris. En 2021 la redécouverte de l’œuvre de Miklachevsky et de la partition de Sisyphe a été déterminée par les affirmations et les souvenirs de Wyschnegradsky concernant l’importance fondamentale de ce poème symphonique et de l’activité créatrice de son auteur, qui fut personnellement proche d’Alexandre Scriabine dans sa jeunesse. La journée de l’existence, d’abord intitulée La journée de Brahma, et Sisyphe s’inspirent d’aspects de la philosophie hindoue et de la mythologie indienne, quoique selon une médiation occidentale. Le contenu programmatique de Sisyphe a été développé davantage par Miklachevsky dans le poème symphonique L’incarnation op. 10, contenu qu’il a partagé avec Wyschnegradsky dans leur correspondance au début de 1924. La version préparatoire pour piano de cette œuvre de Miklachevsky a été exécutée pour la première fois le 15 novembre 2023 à Saint-Pétersbourg, cent ans après sa composition.
 
La déclamation du texte de La journée de l’existence a été réalisée ce 29 septembre 2023 par une voix féminine non amplifiée selon un choix volontairement complémentaire avec les versions orchestrales précédentes. Anastasia Tcherenkova, jeune actrice qui poursuit ses études à l’École supérieure de théâtre Mikhaïl Semionovitch Chchepkine de Moscou, a profondément revécu les significations du texte, dont la déclamation nécessite également une compréhension fouillée des structures musicales. Son travail a porté sur les aspects temporels de la coïncidence avec les figures musicales et sur la manière même de générer cette correspondance, une ‘intonation d’ensemble’ entre rythme de la parole déclamée et sa propre intrinsèque sonorité menée selon une sensibilité musicale extraordinaire. Les inflexions de la voix de Mario Haniotis* étaient évidemment présentes à l’esprit de l’interprète ainsi que celles d’Alexei Tarasov** de 2004. Ces deux interprétations ont servi de point de départ pour la définition des solutions requises par l’environnement de chambre, plus recueilli, qui était disponible pour la première fois lors de cette exécution. La plus haute tension entre les pôles opposés de la compréhension, ou intelligibilité des concepts, et l’émotion, respectivement confiés aux mots et aux formes sonores, a été assumée dans l’interprétation d’Anastasia Tcherenkova afin d’atteindre à leur synthèse.
 

Anastasia Tcherenkova et Daniele Buccio

Anastasia Tcherenkova et Daniele Buccio


L’étude du texte original de Wyschnegradsky a permis de vérifier les variantes en langue russe et d’examiner sa gestation complexe et sa longue transformation au cours de plusieurs décennies. Le poème a été en effet révisé à plusieurs reprises par le compositeur, et ceci même après la création de l’œuvre. À côté des reformulations de certaines expressions poétiques et des affinements lexicaux, qui témoignent également de l’évolution de son style, la considération des remaniements de la structure du poème lui-même par rapport à la forme musicale en l’absence de versions musicales antérieures revêt une importance particulière, notamment la suppression d’une section entière avec sujet christologique. La déclamation relate l’évolution de la conscience dans le monde, affirme de plus en plus consciemment le chemin de la vie à partir du rien absolu vers le tout absolu, traverse différentes traditions philosophiques ainsi que différentes “positions de l’être” au sein de mouvements dialectiques, tendant vers l’état final parfait et la conscience cosmique. Wyschnegradsky avoua à Robert Pfeiffer dans le deuxième de ses entretiens en mars 1976 qu’il voyait la Journée comme “sphérique”, “suffisante à elle-même”, jamais dépassée “sur le plan idéologique”. Dans son entretien avec Charles Amirkanian dans la même année Wyschnegradsky déclarait l’importance fondamentale de cette œuvre pour toute son activité ultérieure, la plaçant au moment de la révélation de la perspective ultrachromatique, qui surgit précisément dans la dernière partie de la Journée.
 
L’étude a permis aussi d’approfondir certains aspects techniques, comme l’utilisation d’harmonies à onze sons, et de prendre conscience des transformations thématiques progressives, des relations du matériel musical, de la signification des paroles et des figures sonores qui se retrouvent dans d’autres œuvres (le motif initial par exemple trouve un pendant dialectiquement caricatural dans la Procession de la vie, courte composition également pour récitant et piano, reconstituée de mémoire par l’auteur à la fin des années 1940. Il est possible en outre de remarquer des fragments motiviques d’affinité évidente dans Le soleil décline opus 3 pour baryton-basse sur des paroles de Nietzsche, dans Le scintillement des étoiles lointaines opus 4 pour soprano et piano sur un poème de la mère du compositeur, dans les Quatre fragments opus 5, etc.). La réduction pour piano de la version orchestrale, que l’auteur a notée dans l’imminence de la création avec Mario Haniotis au cours des années 1970, montre également les plus étroites affinités avec l’écriture de l’opus 7, la Méditation sur deux thèmes de La Journée de l’Existence pour violoncelle et piano.
 
L’expérience de l’exécution de la version pianistique s’est avérée fort satisfaisante. Elle s’est complètement clarifiée dans la recherche de la restitution la plus efficace des timbres orchestraux. La relation que l’auteur a entretenue avec cette version “intime” pendant toute sa vie est extrêmement suggestive. Lorsqu’à partir de janvier 1918, après environ quatorze mois de travail, il la mena à un premier accomplissement, il la partagea au cours d’exécutions privées et la joua en déclamant lui-même le poème, pour Boris Asafev, Piotr Souvtchinsky, Alexandra Rodzevitch, femme de Miklachevsky, pour la famille Miklachevsky elle-même, pour Nicolas Nikolaïevitch Tcherepnine. Puis à Paris, la composition fut encore perfectionnée et jouée en novembre 1930 pour le chef d’orchestre Ivan Boutnikoff, pour Pierre Monteux en 1934, ainsi que lors de nombreux moments chez lui en compagnie d’amis intimes. Ce fut une très grande joie que cette version ait reçu enfin sa première audition publique. Cette œuvre cruciale dans la vie créatrice du compositeur, dans laquelle il entendait imprimer toute la complexité de la vie, apporta en effet, au fil de son élaboration, une révélation de plus en plus consciente de sa pensée esthétique fondée sur la puissance transformatrice de la musique et de ses recherches techniques et stylistiques conséquents, comme une inextinguible prémisse du futur.
 
* le récitant de la création mondiale de l’œuvre à Paris en 1978, dans sa version française, sous la direction d’Alexandre Myrat. Publié en CD en 2009 au label Shiiin.
 
** le récitant de l’exécution de l’œuvre en 2004 à Amsterdam, dans sa version russe, sous la direction de Pascal Rophé.
 
 
 

Juillet 2023 – L’édito de Martine Joste

 
 
Michel Ellenberger

Michel Ellenberger (photo Tali)

 
Ce début d’été 2023 voit, simultanément, le quarantième anniversaire de la fondation de l’Association Ivan WYSCHNEGRADSKY et la disparition de notre grand ami Michel ELLENBERGER avec qui nous l’avons créée sous la présidence de Claude BALLIF.
 
Michel était une personne rare, d’une sensibilité et délicatesse extrêmes, d’une générosité sans faille, toujours disponible y compris dans ses derniers moments, pour nous aider, soit dans la réalisation de projets, soit dans leur formulation. D’une culture immense, sans être musicien, mais écrivain et grand mélomane, il avait partagé avec son épouse Yaffa des moments qu’il disait inoubliables auprès d’Ivan Wyschnegradsky, durant les dernières années de la vie du compositeur. Il est bien difficile de persévérer et de maintenir la vie de l’Association de son « cher Ivan », sans la présence de Michel, son soutien et la chaleur de son amitié indéfectible…
 
Je vais malgré tout tenter de dresser un tableau des réalisations de l’Association durant ces quarante années que nous avons passées ensemble à œuvrer pour la connaissance de l’œuvre et de la pensée d’Ivan Wyschnegradsky, pionnier de la musique microtonale, reconnu à présent dans le monde entier pour être un des plus importants compositeurs du XXème siècle.
 
L’Association a été, soit associée, soit co-productrice des réalisations suivantes :
 
Disques et CDs :
– 1983 : publication d’un double-disque vinyle édité par René Block (Berlin), comprenant le concert de 1977 à Radio-France, complété par les Entretiens du compositeur avec Robert Pfeiffer.
– 1990 : publication de l’intégrale des Quatuors et Trios à cordes par le Quatuor Arditti, édité par René Block (Berlin), accompagné d’un important livret. Ce CD est malheureusement épuisé.
– 1995 : l’Ensemble 2e2m publie le premier disque du label 2e2m collection, consacré au concert Ivan Wyschnegradsky qui s’est tenu en 1991 au Centre Georges Pompidou à Paris.
– 2002 : parution aux Editions Col Legno d’un CD monographique comportant l’Etude sur les Mouvements rotatoires et les 24 Préludes pour 2 pianos accordés à distance d’un quart de ton. CD épuisé à ce jour.
– 2009 : parution au label Shiiin de l’œuvre fondatrice du compositeur, La Journée de l’Existence, avec l’enregistrement de la création en 1978 à Paris dans l’Auditorium de la Maison de la Radio et comportant un très important livret en 3 langues, dont le texte complet du poème de l’auteur. Cette publication a été couronnée d’un 4 étoiles de Classica, d’un Diapason d’or et d’un Coup de cœur de l’Académie Charles Cros.
– 2017 : publication au label Shiiin, d’un CD avec les œuvres à 2 et 4 pianos accordés à distance d’un quart de ton, Ondes Martenot et violoncelle en micro-intervalles, jouées au concert en 2016 à Paris à l’Auditorium Marcel Landowski du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris : Ainsi parlait Zarathoustra, le 4ème Fragment symphonique, la Méditation sur 2 Thèmes de La Journée de l’Existence et deux créations, d’Alain Bancquart et Alain Moëne.
– 2022 : publication au label Peewee du batteur de jazz Simon Goubert, qui improvise sur des extraits d’œuvres de Wyschnegradsky sur une batterie microtonale conçue par et pour lui.
 
Concerts :
– 1985 : à Paris, dans la grande salle du Centre Georges Pompidou, concert accompagné d’une exposition de partitions, dessins, photos, documents et instruments (clarinette en quart de ton, harmonium) conçus par le compositeur.
– 1988 : concert-lecture à Radio-France à Paris à l’initiative d’Alain Bancquart (Cosmos).
– 1989 : dans le cadre du Festival Estival de Paris, organisé par Bernard Bonaldi, concert à 2 pianos.
– 1991 : co-production avec l’Ensemble 2e2m, concert au Centre Georges Pompidou à Paris, qui donnera lieu au premier disque de la collection 2e2m.
– 1993 : à Prague, concert organisé par la Society for New Music comprenant des œuvres inédites pour le piano en quart de ton, retrouvées par le musicologue et compositeur Martin Smolka dans les archives de Aloïs Haba.
– 2010 : concert au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris pour saluer la publication du CD de La Journée de l’Existence par le label Shiiin.
– 2016 : concert à 4 pianos, Ondes Martenot et violoncelle à l’Auditorium du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris (voir plus haut, publication du CD de ce concert en 2017).
– 2018 : concert à La Marbrerie à Montreuil-sous-Bois pour la publication de ce CD : 2 pianos, ondes Martenot et violon en micro-intervalles. 
– 2019 : Vitry-sur-Seine, dans le cadre du festival Claude Helffer, concert présenté et mis en forme par Alexia Guiomar.
– San Francisco : concert du Quatuor Arditti (Trio et Quatuors) et concert à 4 pianos (Cosmos, Ainsi parlait Zarathoustra et pièces piano solo).
– Bâle : Esprit de l’Utopie, conçu et organisé par Dagobert Koitka, nombreux concerts, restauration du piano en quarts de ton à trois claviers de Wyschnegradsky, exposition.
– 2022 : Berne : deux Journées de concerts, conférences, exposition, organisées par le Duo de pianos Huber/Thomet.
– 2023 : Moscou : Première en Russie de La Journée de l’Existence.
 
L’Association a été également co-productrice de concerts, à Berlin, Graz, Venise, Genève, Heilbronn, Zurich, Berne, Moscou, St Petersbourg…
 
Vous trouverez les détails de toutes ces informations sur les rubriques de notre site.
 
Colloques, conférences :
– En 2014, deux Journées d’Etude internationale, de colloques et concerts sur le thème L’ultrachromatisme, entre futurisme et constructivisme, au Centre de Documentation de la Musique Contemporaine et au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris avec des musicologues venus d’Allemagne, Suisse, Russie et France, organisées par Pascale Criton.
– Nombreuses autres conférences se sont tenues à St Petersbourg, Moscou, Kazan, Bâle, Berne, etc…
 
Livres :
– 1985 : Premier Cahier Ivan Wyschnegradsky, comportant des textes inédits du compositeur et des articles originaux de Claude Ballif, Jean-Etienne Marie, Philippe Leroux, Jean-Marc Arrachart, Serge Nigg, Elena Chalot, Michel Ellenberger.
– 1996 : La Loi de la Pansonorité aux Editions Contrechamps, avec la participation de Pascale Criton et Franck Jedrzejewski.
– 2013 : Ivan Wyschnegradsky – Libération du son – Ecrits 1916-1979 publié aux Editions Symétrie. Cet ouvrage de 528 pages réunit des écrits inédits du compositeur, rassemblés et présentés par Pascale Criton et traduits du russe par Michèle Kahn.
– 2017 : Traduction et publication aux Editions Underwolf (NY/USA) du Traité d’Harmonie en quarts de ton, par R. et N. Kaplan.
 
Editions musicales :
– De 1994 à 2000 : révision pour parution aux Editions Belaïeff / Francfort des deux versions de l’Etude sur les Mouvements rotatoires (version à 2 pianos et version orchestre de chambre) et Cosmos pour 4 pianos accordés à distance d’un quart de ton.
– En 2013, révision et parution aux Editions Jobert de la Méditation sur deux thèmes de La Journée de l’Existence pour violoncelle et piano, suivie en 2018 du Chant douloureux et Etude op. 6 pour violon et piano, en 2019, des Trois Pièces pour piano p. 38, et en 2022 de Ombres, pour piano, toutes ces dernières parues aux Editions Jobert.
 
Expositions :
– 1985 : au Centre Pompidou à Paris : instruments (clarinette, harmonium), partitions, photos, écrits.
– 2017 : à Dunkerque au LAAM et à Kassel en Allemagne (Documenta) : dessins chromatiques.
– 2019 : Bâle Esprit de l’Utopie, exposition de partitions, esquisses, écrits.
– 2023 : Moscou (Manège)
 
Site :
2011/2012 : création du site officiel de l’Association : www.ivan-wyschnegradsky.fr
Plusieurs articles sont signés Michel Ellenberger, dont la biographie et la page explicative des dessins chromatiques.
 
Projet :
Nous avions élaboré en 1988 avec Michel Ellenberger un projet de projection des dessins chromatiques de Wyschnegradsky au Planétarium de la Cité des Sciences simultanément à la diffusion de Cosmos pour 4 pianos accordés à distance d’un quart de ton. Ce projet n’a malheureusement pas pu aboutir par manque d’intérêt des responsables de l’époque à la Cité des Sciences. En 2019 il a été réalisé partiellement à Bâle sur l’immense coupole de la Grande Halle, simultanément à l’exécution d’Arc-en-Ciel pour 6 pianos accordés à distance d’un douzième de ton et autres œuvres à 3 pianos.
 
Autres :
Des Cds monographiques ou contenant des œuvres de Wyschnegradsky ont par ailleurs paru au Japon, Canada, Suisse, Allemagne, Autriche, France, USA, Hollande.
 
Des thèses de doctorat et des mémoires ont été rédigées à propos d’Ivan Wyschnegradsky et de la musique microtonale en Allemagne, Autriche, France, Suède, Pays-Bas, Russie, Angleterre, Australie, Italie, Japon, Canada, Suisse, USA, Brésil, Belgique.
 
Toutes ces informations sont détaillées aux rubriques Actualités passées et Qui sommes-nous du site.
 
Avec toutes mes excuses pour ce que j’ai pu omettre involontairement…
 
 
 

Mai 2023 – L’édito du Bureau de l’Association

 
 

 
Après la grande émotion de la Première de La Journée de l’Existence à Moscou le 17 février dernier, nous vous avions annoncé deux concerts en avril : le premier à Paris, le 13, à la Médiathèque du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse, intitulé « Hommage à Solange Ancona », le second à Bâle, Gare du Nord, le 20 : « L’Eternel Etranger ».
 
Voici ce que dit Marie Chartus-Vicheney à propos du premier concert : « J’ai eu le plaisir d’assister au concert parisien, présenté par Martine Joste. J’ai pu féliciter Pierre-Emmanuel Hurpeau, étudiant au sein du Conservatoire, pour son interprétation juste et sensible du Prélude op. 38 de mon grand-père. Il m’a témoigné son enthousiasme pour sa musique, signe de son « éternelle modernité ! » » 
 
Solange Ancona, compositrice décédée en 2019, a eu comme Maître vénéré Olivier Messiaen. Elle a été également très proche d’Ivan Wyschnegradsky ainsi que de Giacinto Scelsi. Le Prélude op. 38 pour piano de Wyschnegradsky était entouré de plusieurs œuvres pour divers instruments solistes de Solange Ancona, ainsi que d’un Mouvement du Quatuor pour la Fin du Temps d’Olivier Messiaen. Toutes les œuvres de ce concert-hommage, organisé par la Médiathèque Hector-Berlioz, ont été remarquablement interprétées par des étudiants du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.
 
Marie Chartus-Vicheney nous fait également part de ses impressions à propos du concert de Bâle du 20 avril dernier: « Bien que n’étant pas présente lors du concert de Bâle, celui-ci ne pouvait m’être « étranger », dans la mesure où il reprenait, en format réduit, le magnifique hommage rendu à Berne l’année dernière à mon grand-père, par le Duo de pianistes Huber/Thomet, et auquel j’avais assisté. La splendide affiche du concert était déjà présente à Berne, placardée dans toute la ville. »
 
Le programme de ces deux concerts successifs comportait, d’Ivan Wyschnegradsky, l’intégralité des 24 Préludes op. 22 pour deux pianos à distance d’un quart de ton, avec les excellents pianistes André Thomet et Susanne Huber. Ces Préludes sont fréquemment joués en extraits mais rarement, à part deux versions discographiques, dans leur totalité. Pendant l’entracte, le musicologue Roman Brotbeck a développé la vision ultrachromatique du compositeur. Sa conférence était accompagnée de projections des dessins ultrachromatiques d’Ivan Wyschnegradsky. Une très belle frise chronologique de 9m de long, déjà exposée à Berne, retraçant la vie du compositeur, depuis son enfance à St Petersbourg, jusqu’à ses dernières années parisiennes était présentée : toute une vie consacrée à la recherche et au développement d’une musique microtonale.
La deuxième partie du concert comportait les deux Transparences op. 35 et 47 pour Ondes Martenot et deux pianos accordés à distance d’1/4 de ton, interprétées par le Duo Huber/Thomet et l’ondiste Nathalie Forget. Les pianistes avaient complété ces deux concerts consacrés à l’œuvre d’Ivan Wyschnegradsky par deux créations de jeunes compositrices, la kosovarienne Elnaz Seyedi et l’iranienne-allemande Anda Kriezu.
 
Vous trouverez ci-dessous l’affiche du concert de Bâle ainsi que deux courtes videos d’une répétition des Transparences, avec les pianistes André Thomet, Susanne Huber et l’ondiste Nathalie Forget.
Nous les remercions tous très chaleureusement d’avoir organisé et participé à ce nouvel et important Hommage à Ivan Wyschnegradsky.
 
 


Extrait de répétition du concert du 20 avril 2023 à Bâle (Gare du Nord). Transparences d’Ivan Wyschnegradsky. André Thomet et Susanne Huber, pianos Nathalie Forget, Ondes Martenot
 

Extrait de répétition du concert du 20 avril 2023 à Bâle (Gare du Nord). Transparences d’Ivan Wyschnegradsky. André Thomet et Susanne Huber, pianos Nathalie Forget, Ondes Martenot
 
 
 

Mars 2023 – L’édito de Marc Cantais

 
« LA MUSIQUE PLUS FORTE QUE TOUT »

 

Affiche du concert de l’ensemble Persimfans "La Journée de l’Existence", salle Tchaïkovski, Moscou

Affiche du concert de l’ensemble Persimfans – « La Journée de l’Existence », salle Tchaïkovski, Moscou

 

En ces temps on ne peut moins troublés sur le plan géopolitique, entreprendre d’assister à la première de La Journée de l’Existence à Moscou peut sembler relever d’une vraie gageure. Le défi n’est certes pas minime sur le plan logistique. Mais il faudra aussi passer outre le discours ambiant d’une idéologie dominante qui prône le tout boycott sans discernement.

 

Ma participation à l’édition en 2009 de l’enregistrement historique effectué lors de la création en 1978 à Radio France me laissa le souvenir d’une belle collaboration entre le label SHIIIN et l’Association Ivan Wyschnegradsky. Je sais également qu’en filigrane n’a cessé en moi d’être distillée depuis, la frustration de n’avoir pu assister à aucune des rares représentations de l’œuvre sur plus de 40 ans. Après deux reports consécutifs, la date du 17 février 2023 est arrêtée. Sur invitation de la Société Philarmonique de Moscou et après des échanges enthousiastes avec Mikhail Morozov, armé de l’intime conviction que l’occasion est immanquable, motivé plus que jamais : en route !

 

15 février : arrivée très matinale après transit nocturne par Istanbul. Grand froid au rendez-vous. L’écran d’accueil de l’hôtel indique -10°. Visite sans plus tarder de la passionnante exposition « La Maison de la Culture de l’URSS » au Manège de Moscou. L’art de la période soviétique y est présenté. Répartie en huit sections thématiques (architecture, peinture, graphisme, cinéma…), l’espace consacré à la musique accueille un portrait de Wyschnegradsky accompagné d’un texte. Puis il s’en est fallu de peu pour que le trottoir verglacé devant le Musée Scriabine réduise à peau de chagrin ma petite expédition en manquant de me renvoyer illico à la case départ (Paris) après une chute mémorable. Journée d’acclimatation donc dans une ville à l’ambiance toute particulière comme tout endroit qui se verrait délesté de 96% de ses touristes.

 

16 février : rendez-vous est pris l’après-midi dans la banlieue ouest de Moscou au Palais de la culture Gorbunov, bâtiment des années 30 de style constructiviste accessible après la traversée d’un grand parc enneigé. Premier contact avec les musiciens de l’ensemble Persimfans pour assister à une séance de répétition hors du commun. Persimfans est un orchestre moscovite sans chef. Le concept est apparu en 1922. Otto Klemperer déclara après avoir assisté à un concert de la Symphonie pathétique de Tchaïkovski : « C’est l’interprétation la plus parfaite que j’ai jamais entendue ». Mais les idées d’auto organisation du collectif, émanation directe de la Révolution Russe, contredisent un régime qui se révèlera totalitaire et en 1933 l’activité de l’ensemble est « suspendue » pour n’être ravivée qu’en 2009. La disposition des musiciens en cercle les uns en face des autres installe d’emblée un rapport de force qui n’est plus hiérarchique et vertical mais horizontal et collégial. Assister aux échanges atypiques étonnants entre les musiciens (un trompettiste invectivant une violoniste…) détonne en lieu et place habituellement des instructions d’un chef d’orchestre. Le process au résultat final si probant en fait une expérience réellement épatante !

 

Persimfans, Mikhail Morozov & Piotr Aïdu en répétition le 16 février au Palais de la culture Gorbunov

Persimfans, Mikhail Morozov & Piotr Aïdu en répétition le 16 février au Palais de la culture Gorbunov

 

17 février : Plus d’un siècle après sa composition en 1916 à Pétrograd/St-Pétersbourg le grand œuvre d’Ivan Wyschnegradsky va enfin pouvoir s’offrir au public Russe. L’imposante salle de concert Tchaïkovski servira d’écrin remarquable à l’événement. Seconde après-midi de répétition in situ cette fois. L’excitation est palpable. Après la première partie du concert comportant des œuvres de Rebel, Liszt et Webern, j’aurai l’honneur d’être convié à un petit laïus. L’occasion de rappeler le travail de l’Association et de transmettre soutien et caution de la part de Marie Chartus-Vicheney et de Martine Joste à cette soirée. L’ensemble Persimfans y excellera grâce à l’engagement total de ses formidables musiciens. Quant au choix de Piotr Aïdu de s’interdire le mode déclamatoire en optant pour un récit du texte neutre et intimiste, il relève pour le coup d’un vrai parti pris d’interprétation mais éloigné tout de même des préconisations du compositeur.
Un repas mémorable (à la Vodka uniquement !) s’ensuit avec échange de documents, livres et partitions qui engendrera une rude négociation lors de l’enregistrement du vol retour limité à 8 kilos autorisés en cabine.

 

Répétition de "La Journée de l’Existence" par l’ensemble Persimfans le 17 février, salle Tchaïkovski

Répétition de « La Journée de l’Existence » par l’ensemble Persimfans le 17 février, salle Tchaïkovski

 

18 février : pour clore cet intermède moscovite j’assiste à une veillée nocturne orthodoxe d’une grande ferveur de plus de trois heures dans le Monastère Sretensky pour y écouter son Chœur d’hommes dit « l’orgue vivant ». Ambiance au contraste saisissant avec le trajet le lendemain en taxi vers l’aéroport à une vitesse folle sur une autoroute enneigée sans rail de sécurité central (pour il parait pouvoir y faire atterrir éventuellement un avion…).

 

La pertinence de ce voyage n’aura cessé de se confirmer au fur et à mesure qu’il se chargera de sens au gré du partage d’autres moments musicaux (au Conservatoire notamment) et des rencontres empreintes de véritable reconnaissance au vu des circonstances. Comme une réponse en miroir aux interrogations et à la quête de sens qu’exalte justement le texte si puissant de la Journée de l’Existence.
Au-delà des conflits bassement terrestres de ce monde qui passeront et des dirigeants les ayant initiés qui trépasseront, ne doutons pas que l’art continuera lui de s’atteler à élever le débat.

 

Merci Moscou pour l’accueil chaleureux et bravo pour cette piqûre de rappel COSMIQUE !

 

PS : réjouissons nous que la musique d’Ivan Wyschnegradsky soit révélée plus largement au public russe et souhaitons de vivre une nouvelle Journée de l’Existence en France au plus vite.

 

Enregistrement du concert du 17 février (lecture positionnée au début de la Journée de l’Existence à 1h15) :

 

 
 
 

Février 2023 – L’édito de Jean-François Ballèvre

 
Difficile quand on a connu quelqu’un de ne pas faire remonter à la surface tous les détails de cette amitié et de n’en garder qu’un aspect. C’est pourtant ce que je vais faire aujourd’hui pour ne parler que de Ivan Wyschnegradsky et du pianiste Matthieu Acar. Ce dernier nous a quittés à l’âge de 34 ans le 29 décembre dernier.
 
Je l’ai connu lors de son passage dans ma classe de déchiffrage au Conservatoire à Rayonnement Régional de St-Maur-des-Fossés. J’ai gardé le souvenir d’un élève brillant et chaleureux. Son oreille curieuse de tout ne demandait qu’à être nourrie, nous partagions un même amour des fractions, des rythmes irrationnels, de la musique d’aujourd’hui. Il attrapait au vol toutes les balles qu’on lui envoyait, on pouvait tout lui apporter à lire, tout l’intéressait. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit rentré au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Pour autant le lien créé ne s’est jamais rompu…
 
Quelques années plus tard, engagés dans un même projet – la création en concert et l’enregistrement de Racines de Alain Bancquart pour 4 pianos en quart de tons (*), j’ai été très heureux de retrouver « intact » le Matthieu que j’avais connu : enthousiaste, délicat, profond, pétillant.
 
Encore à la suite de ce projet, Martine Joste nous a fait confiance en nous proposant de jouer en concert de Wyschnegradsky les deux Intégrations opus 49 pour deux pianos en quart de ton et le Chant nocturne opus 11 avec Léo Marillier au violon. Notre travail en musique de chambre, les repas partagés, m’ont permis de mieux connaître Matthieu. Le plaisir que nous prenions à détailler chaque rythme, chaque harmonie, chaque phrasé mélodique, le souci commun de tout regarder sans perdre de vue la forme générale, son oreille exigeante et compétente, sans oublier le cœur qu’il avait vibrant d’émotions, ont fait de cette période un moment d’accomplissement artistique que je n’oublierai pas.
 
Nous avions la ferme intention de poursuivre ce travail en duo en plongeant dans les Deux Études sur les densités et les volumes mais je l’avais trouvé ces dernières années très occupé, toujours courant, jamais libre, bien que toujours aussi dévoué à ses élèves, à sa douce et tendre, à sa famille…
 
Ce dernier projet restera inabouti, la vie/la mort en ayant décidé autrement. Je ne suis pas « croyant » mais j’espère qu’il existe un quelque part où tous ceux qui aiment la musique pourront se retrouver et continuer à la partager.
 
Matthieu, tu fus un digne serviteur de cet art. Matthieu tu as, hélas – avant lui, il y a eu Cécile, William, Lisandru et d’autres encore – rejoint la cohorte des anges.
 
Mais Wyschnegradsky croyait-il aux anges ?
 
(*) Ce concert a été publié par le label Shiiin en 2017
 

Répétition du concert du 13 mars 2018 à La Marbrerie à Montreuil-sous-Bois près de Paris. De gauche à droite : Matthieu Acar, Léo Marillier et Jean-François Ballèvre

Répétition du concert du 13 mars 2018 à La Marbrerie à Montreuil-sous-Bois près de Paris. De gauche à droite : Matthieu Acar, Léo Marillier et Jean-François Ballèvre


 
 

Décembre 2022 – L’édito de Martine Joste

 
L’Assemblée Générale annuelle de l’Association Ivan Wyschnegradsky s’est tenue à Paris le 19 novembre 2022. Nous étions 11 présents et nous avons reçu 18 pouvoirs.
 
Le Conseil d’Administration ainsi que le Bureau ont été réélus pour 3 ans. Le Bureau se compose désormais de Marie Chartus-Vicheney, Présidente – Martine Joste, Vice-Présidente – Fernand Vandenbogaerde, Trésorier – Roman Soufflet, Secrétaire général – Nathalie Forget, Secrétaire générale adjointe. Le Conseil d’Administration est constitué de 10 membres : en plus des 5 membres du bureau précités, il s’agit de Jean-François Ballèvre, Dominique Ciot, Pascale Criton, Bruce Mather et Alain Moëne.
 
Au cours de cette réunion, nous avons passé en revue les principaux événements de 2021 et 2022, et particulièrement les deux journées de concerts et conférences qui ont eu lieu à Berne en mars 2022 autour de l’œuvre de Wyschnegradsky, associée à plusieurs créations en micro-intervalles. Citons aussi la parution récente du CD du batteur Simon Goubert, qui utilise une batterie ultrachromatique conçue spécialement pour ce disque, avec laquelle Simon improvise sur des séquences extraites d’œuvres de Wyschnegradsky, qu’il a mises en boucle. Vient aussi de nous parvenir : un CD paru en Allemagne du Quatuor Asasello dans lequel figure le 2nd Quatuor de Wyschnegradsky, écrit entièrement en ¼ de ton.
 
Nous avons aussi évoqué avec émotion la première en Russie de La Journée de l’Existence par l’Ensemble Persimfans, concert qui doit être redonné le 17 février dans la grande salle Tchaïkovsky à Moscou. Cette œuvre fondatrice, pour récitant et grand orchestre, composée en 1918, et créée soixante ans après à Paris en présence du compositeur qui la considérait comme son chef-d’œuvre, précède de très peu ses recherches sur la musique microtonale, à laquelle il devait ensuite consacrer sa vie.
 
Voir le détail de toutes ces informations ainsi que les liens relatifs aux CDs sur la page ACTUALITÉS.
 

 

Association Ivan Wyschnegradsky - dernière mise à jour 18 mai 2024